Fac similé de l'article de Ciné Télé Revue (Décembre 2003)
Alexandra SUBLET
L’IRRÉSISTIBLE BATTANTE
Reportage et interview : Bernard Alès
LA NOUVELLE DE « COMBIEN ÇA COÛTE? » DÉNONCE LES ABUS AVEC GAIETÉ. LES TÉLÉSPECTATEURS EN REDEMANDENT!
Depuis la rentrée, la brune Alexandra Sublet a intégré l’équipe de « Combien ça coûte? » en même temps que la blonde Nathalie Vincent. Les deux nouvelles recrues s’entendent à merveille et rivalisent de gaieté. Responsable de la rubrique « Faut pas pousser », Alexandra a pour mission de dénoncer certains abus. Un emploi tout à fait dans les cordes de cette battante, qui s’y investit à cent pour cent. Après avoir fait de la radio sur Nostalgie Lyon et Nova
Club, cette Lyonnaise de 27 ans effectue donc ses véritables débuts à la télévision dans l’une des émissions les plus regardées. Nullement intimidée par l’enjeu et par le direct, elle avoue « prendre un pied phénoménal ». On la retrouvera le 17 décembre dans le prochain « Combien ça coûte? », qui aura pour invités Kad et Olivier, ainsi que Maïté. Et, du 15 au 19 décembre, elle animera « Good news » sur Match TV. Rencontre avec une jeune femme qui respire la bonne humeur et qui ne cache pas ses ambitions.
— Rêviez-vous déjà de télévision
lorsque vous avez abordé le journalisme?
— Non. Pour moi, le journalisme représentait l’ouverture d’esprit et
l’évasion. J’ai choisi cette voie-là uniquement pour cette raison.
— Vous avez traité de musique
et de cinéma sur Nostalgie Lyon. Deux autres passions?
— La musique en est une, c’est sûr, et je suis assez éclectique
dans mes goûts. J’apprécie notamment la chanson française.
Le 7e
Art, j’en parlais surtout parce que
la rubrique s’y prêtait.
En plus de mes flashes d’info, je faisais le point sur les nouveautés
dans les salles.
— Il est vrai qu’il n’y a pas de
poster de Brad Pitt dans votre chambre...
— Non, ce n’est pas le genre de la maison. Je me suis toujours dit que mon compagnon
serait plus beau que Brad Pitt.
— Vous n’avez jamais été
du style fan ou groupie?
— Non. J’admire certaines personnes dans la variété et au cinéma,
mais de là à les idolâtrer...
— Vous vous êtes retrouvée
aux Antilles pour la création d’un journal. Par envie de soleil, ou par
amour de votre travail, vous accepteriez n’importe quelle destination?
— Il y a des deux. J’avais envie de voir du pays, et c’est l’occasion qui a
fait le larron. J’ai pensé qu’aux Antilles comme ailleurs, la façon
de traiter l’information était identique. Je me lève et me couche
tôt, en profitant à fond de mes journées. La qualité
de vie est très belle là-bas. Une fois qu’on y a goûté,
on a envie d’y retourner.
— Vous avez également travaillé
à New York, pour la chaîne MTV. Avez-vous été séduite
par le travail à l’américaine?
— Après les Antilles, j’ai eu l’opportunité d’aller à New
York, qui n’est pas très loin. J’y ai fait des micro-trottoirs pour MTV.
J’ai beaucoup appris avec eux. S’il y a du rendement et que l’on est motivé,
tout va bien. Si on ne l’est pas et qu’il y a quelqu’un de plus fort derrière,
ça ne marche plus. C’est bien plus stimulant. Les bons restent et évoluent
très vite. J’aime cette façon de fonctionner. Cela évite
de perdre du temps et vous travaillez avec des gens compétents, au poste
qui vous convient...
— Avez-vous l’esprit de compétition?
— Je l’ai eu, car j’ai fait du sport-études pendant longtemps. Cela vous
donne la « niac » et vous avez forcément envie de l’avoir
dans votre vie professionnelle. Si on ne l’a pas dans ce milieu-là, tout
passionné qu’on soit, on restera sur le bord de la route.
— Est-ce aussi du sport que vous
vient votre bonne humeur?
— (Rires.)
Non, cela, je le tiens de papa-maman.
— Avez-vous envisagé de vous
expatrier quand vous étiez à New York?
— Je pensais rester bien plus longtemps, mais je n’ai pas pu, pour un problème
de visa. Sinon, je serais sans doute encore aux Etats-Unis, car j’avais une
belle place et j’étais heureuse. Je n’ai pas de port d’attache particulier.
Je préfère rester là où je réussis, tant
que je n’ai pas de vie de famille.
— Vous vous sentez chez vous partout?
— Disons que j’ai une bonne faculté d’adaptation. C’est super-important,
car cela sous-entend une grande ouverture d’esprit.
— Au-delà du boulot, vous
vous êtes faite au mode de vie américain?
— J’ai un peu trop profité des hamburgers et des frites. Résultat
: il a fallu que je suive un régime en rentrant. Mis à part le
professionnalisme des gens avec lesquels j’ai travaillé, je n’adhère
pas vraiment aux manières d’outre-Atlantique. En France, on mange bien,
on a une hygiène de vie, ce qui n’est pas le cas chez eux. Et puis, j’en
ai marre de ces Américains qui se disent puritains. Quand on voyage un
peu, on se rend compte que lorsqu’ils sont à l’étranger, ils sont
complètement fous. Ils aiment se lâcher. C’est assez drôle
à observer.
— L’année dernière,
sur la station de radio Nova Club, vous dressiez un portrait décalé
des invités...
— J’ai eu de superbes opportunités. Avec Jacques Chancel, le décalage
venait de la différence d’âge. Il y a presque trois générations
d’écart entre lui et moi. Cela donnait : « Moi, aujourd’hui, voilà
ce que je vois à la télé; voilà ce que vous avez
vu et créé, il y a quelques années. Voilà la publicité
qui passe actuellement sur les petits écrans; voilà celle que
vous avez connue. » C’était très marrant.
— Etait-ce toujours bien accueilli
par les invités?
— Oui, parce que c’était fait avec le sourire. Je me suis permis quelques
écarts, mais ils ont été bien acceptés, car il n’y
avait là rien de méchant. Si vous n’êtes pas un peu incisif,
le dialogue devient plat, on s’embête à vous écouter, et
ce n’est plus de la radio. On ne m’a pas virée, donc je pense que tout
s’est bien passé...
— Avec « Combien ça
coûte? », l’un des rendez-vous les plus suivis de la télé,
vous entrez par la grande porte...
— C’est une formidable aubaine, que je dois entre autres à Christophe
Dechavanne, qui produit l’émission. Lui seul a eu l’audace de dire :
« Personne ne connaît cette petite brune, mais on va la mettre en
prime time une fois par mois sur TF 1. » C’est très encourageant.
— Vous semblez très complice
avec Nathalie Vincent, votre coéquipière... Le courant est passé
tout de suite entre vous?
— Oui, car nous sommes spontanées et naturelles, qualités d’autant
plus appréciables qu’elles se perdent dans ce milieu-là, de nos
jours. Nathalie méritait aussi d’être mise en valeur sur une chaîne
telle que TF 1.
— Avec vous deux, on est loin de
l’esprit « Dallas » que l’on évoque souvent à propos
de la télévision?
— Je ne vois pas pourquoi les gens nous imaginent en rivales. L’une est brune,
et l’autre, blonde. Nous correspondons à deux profils différents.
Rien ne dit que nous avons la même ambition... Et si c’était le
cas, on ne pourrait que dire : « Que la meilleure gagne! » (Rires.)
— Lorsqu’on débute à
la télévision dans une grande émission, l’ambiance qui
règne sur le plateau doit avoir son importance... Avec Jean-Pierre Pernaut
aux commandes, elle semble bon enfant...
— Les deux pros intelligents que sont Christophe Dechavanne et Jean-Pierre aiment
bosser dans la bonne humeur. Dès lors, cette ambiance s’installe sur
le plateau, et c’est à nous de suivre. On acquiert de l’assurance et
on donne ainsi le meilleur de soi-même.
— Que vous apporte le travail avec
deux hommes d’expérience?
— Jean-Pierre a une connaissance parfaite du métier. Il sait exactement
quel mot employer et ce que le public attend. Christophe, de son côté,
nous enseigne la manière de faire et de dire pour qu’une chose soit reçue
correctement. Collaborer avec eux est une chance extraordinaire.
— Vous n’êtes pas entre le
marteau et l’enclume?
— C’est presque ça. (Rires.)
— Lorsque vous regardiez «
Combien ça coûte? », il y a dix ans, vous étiez sans
doute loin d’imaginer que vous intégreriez un jour ce programme...
— Pas une seule seconde! Je n’ai jamais osé rêver que je serais
de « Combien ça coûte? », au grand dam de mes parents
et de ma grand-mère, qui suivent l’émission.
— Votre rubrique s’intitule « Faut pas pousser », au lieu de «
Coup de gueule », qui était initialement prévu...
— Cela reflète mieux le propos de la séquence, qui est : «
Il faut arrêter de nous prendre pour des cons. » Il s’agit de s’insurger
contre des situations qui peuvent arriver à chacun de nous dans la vie
quotidienne.
— Un tel rendez-vous fait-il bouger
les choses?
— Je l’ignore, mais j’aime pouvoir y exprimer tout haut ce que les gens pensent
tout bas. Etre une porte-parole. Malheureusement, treize ans de « Combien
ça coûte? » n’ont pas empêché le gaspillage
d’argent de continuer...
— Défendre les consommateurs
est important. Vous sentez-vous une missionnaire dans ce domaine?
— Le jour où l’on m’a confié cette chronique, je me suis, c’est
vrai, un peu sentie investie d’un rôle important. Heureusement que je
me suis prise au jeu! Lorsque l’équipe décide d’un sujet, j’y
vais à fond et je donne un maximum d’informations, pour faire réagir
le public.
— Il paraît que vous détestez
l’injustice. Auriez-vous un côté Don Quichotte?
— Je ne suis ni Don Quichotte ni Robin des Bois, mais j’estime que nous perdons
des valeurs qui nous aidaient à rester plus naturels et plus simples.
— Redoutiez-vous le direct?
— Non! C’est même ce que j’attendais le plus. La dose d’adrénaline
qu’il vous procure est fondamentale. On n’est jamais aussi bon qu’en direct.
Bien sûr, j’ai d’abord eu peur de dire des bêtises, mais, à
l’arrivée, je peux dire que j’ai pris un pied phénoménal.
Et ça continue...
— Le 17 décembre, vous aurez
pour invités Kad et Olivier, des « clients » durs à
tenir... Dans ces cas-là, vous avez peur de perdre le fil, ou vous ne
vous laissez pas démonter?
— En septembre, nous avons entamé « Combien ça coûte?
» avec Véronique Genest et Danyboon. Je crois que nous n’avons
jamais autant ri qu’avec ces deux-là. Après deux ou trois numéros,
nous avons compris que nous avions le droit d’aider Jean-Pierre à gérer
la situation et que participer aux commentaires et aux fous rires de nos hôtes
apportait une dimension très positive à l’émission. Donc,
à moins que Kad ou Olivier s’adressent à moi pour me dire que
ce que je raconte est super-nul ou qu’ils n’y comprennent rien, je ne serai
pas déroutée.
— Cette soirée sera axée
sur les fêtes de fin d’année. Que représente cette période
pour vous et quels sont vos projets en la matière?
— Je suis très attachée à la Noël, avec son côté
conte de fées. J’ai toujours vécu cette fête de façon
incroyable avec mes parents et ma nombreuse famille dans le Jura : la neige,
les traces du traîneau du père Noël...
— Que faut-il vous souhaiter pour
2004?
— D’être encore plus performante dans « Combien ça coûte?
», de continuer à faire de la radio et de garder ma bonne humeur.
— Cela ne devrait pas vous poser
trop de problèmes, car vous semblez constamment gaie...
— Oui, je crois que je suis née avec le sourire...
— Quelles sont vos envies et ambitions
du côté professionnel?
— Il est difficile d’avoir un vrai plan de carrière dans mon métier.
Maintenant que j’y ai goûté, j’avoue qu’il est devenu une drogue,
et je n’ai pas envie d’y renoncer. Je me laisse encore un peu de temps pour
réaliser certains rêves. Je n’ai participé qu’à quatre
numéros et j’ai encore beaucoup à apprendre. Tenir les rênes
d’une émission ne me déplairait pas...
— Rien ne vous fait peur?
— Non, il faut aller de l’avant, toujours!
— En ce qui concerne votre vie privée,
avez-vous trouvé votre Brad Pitt?
— Allez savoir! En tout cas, je suis épanouie sentimentalement. Brad
Pitt n’est pas réellement mon idéal, mais qui ne l’a pas regardé
un jour avec des yeux mielleux? Il est beau garçon, c’est indéniable...